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Elodie Rampal

Journal · 5 juillet 2026 · 5 min de lecture

Deuil périnatal : un deuil que personne ne voit

Il n'y a pas eu de rencontre, souvent pas de photo, parfois pas de nom. Et pourtant il y a eu un enfant, et il y a un deuil.

Un deuil sans place sociale

Les proches ne savent pas quoi dire, alors ils disent des choses maladroites : « vous êtes jeunes », « c'était mieux ainsi », « il faut vous projeter ». Chacune de ces phrases signifie qu'il n'y a rien à pleurer.

Beaucoup de femmes et d'hommes se retrouvent donc à porter cela en silence, en retournant travailler très vite, avec l'impression d'exagérer. C'est ce silence, plus que l'événement, qui laisse les traces les plus longues.

Ce qui se vit, concrètement

Un corps qui continue son processus alors que l'enfant n'est plus là. Des rendez-vous médicaux à annuler, des affaires déjà achetées, une annonce déjà faite qu'il faut défaire, et l'anniversaire du terme prévu qui arrive quelques mois plus tard.

La culpabilité est presque constante : avoir fait quelque chose, ne pas avoir senti, ne pas avoir consulté plus tôt. Elle n'a pas besoin d'être fondée pour occuper toute la place.

Le deuxième parent

Le conjoint est très souvent oublié, y compris par lui-même : il soutient, il gère, il ne dit rien. Le décalage de rythme entre les deux parents devient alors une source de tension supplémentaire.

Pouvoir dire séparément ce que l'on ne dit pas à l'autre soulage réellement le couple. Voir aussi couple : quand la même dispute se rejoue.

Les interlocuteurs

La maternité dispose en général de sages-femmes et de psychologues formés à ces situations, y compris plusieurs mois après. Le médecin traitant et la sage-femme libérale sont aussi de bons points d'entrée.

Des associations spécialisées proposent écoute et groupes de parole, ce qui compte beaucoup quand l'entourage ne comprend pas. Elles ne remplacent pas un suivi individuel, elles s'y ajoutent.

Ce que je peux accompagner

Donner une place au récit, à l'enfant, au nom si vous en avez choisi un. Traverser les dates. Reprendre le travail. Et aborder, quand elle se pose, la question de la grossesse suivante, souvent vécue dans l'angoisse plutôt que dans la joie.

Il n'y a pas de durée normale pour ce deuil, comme pour aucun autre : voir deuil : combien de temps, et quand se faire aider.

Une question sur votre situation ?

Cinq minutes au téléphone suffisent souvent pour savoir si un accompagnement a du sens, ou pour vous orienter ailleurs. Vous n'avez rien à préparer et l'appel ne vous engage à rien.

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