Journal · 25 juin 2026 · 6 min de lecture
Harcèlement scolaire : repérer et agir
Un enfant harcelé se tait presque toujours, par honte et par peur des représailles. Ce sont donc les signes indirects qu'il faut savoir lire.
Les signes chez un enfant qui ne dit rien
Maux de ventre le dimanche soir, affaires perdues ou abîmées, argent qui disparaît, vêtements salis, refus soudain d'une activité, changement d'itinéraire, sommeil dégradé, notes en baisse rapide.
Signe très fréquent : l'enfant ne parle plus de personne. Les prénoms d'amis disparaissent des conversations, et le week-end n'est plus consacré à voir qui que ce soit.
Ce qu'il faut éviter de dire
« Défends-toi », « ignore-les », « c'est de ton âge » : ces phrases renvoient la charge à l'enfant et lui apprennent qu'il ne sera pas aidé. Elles ferment la conversation pour longtemps.
Éviter aussi de contacter directement les parents des élèves concernés, ou les élèves eux-mêmes : cela déclenche souvent des représailles. Le passage par l'établissement protège l'enfant.
Les démarches, dans l'ordre
Écrire au professeur principal et au chef d'établissement, en datant les faits et en demandant un rendez-vous. L'écrit crée une trace, ce qui compte si rien ne bouge.
Le 3018 est le numéro national contre le harcèlement et le cyberharcèlement : gratuit, confidentiel, il conseille sur les démarches et peut obtenir le retrait rapide de contenus en ligne. Conserver les captures d'écran, horodatées, avant tout signalement.
Le cyberharcèlement
Il prolonge la journée jusque dans la chambre, ce qui explique l'épuisement de nombreux enfants concernés. Groupes de classe, comptes anonymes, photos détournées : la pression est continue.
Couper les notifications la nuit, sortir des groupes, changer de comptes : ce sont des mesures de protection, pas une punition. Sur les règles d'usage à la maison, voir écrans : sortir du conflit quotidien.
Après, la reconstruction
Même quand le harcèlement cesse, il laisse des traces : peur du groupe, honte, hypervigilance, conviction d'avoir mérité ce qui est arrivé. C'est cela qui se travaille en séance, une fois la sécurité rétablie.
Un changement d'établissement est parfois la bonne décision, mais il ne remplace pas ce travail. Voir phobie sociale : la peur du regard des autres.