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Elodie Rampal

Journal · 22 juillet 2026 · 5 min de lecture

Scarifications : comprendre et réagir

Découvrir des marques sur les bras de son enfant provoque une panique légitime. Ce qui se dit dans les minutes qui suivent compte beaucoup pour la suite.

Ce que cela cherche à faire

Dans la grande majorité des cas, les scarifications ne visent pas à mourir. Elles servent à faire baisser une tension interne devenue insupportable, à reprendre le contrôle, ou à rendre visible une souffrance qui ne trouve pas de mots.

Cela n'en fait pas un geste anodin : c'est un signal fort, qui demande une réponse d'adulte, sans dramatisation ni banalisation.

La réaction qui aide

Dire simplement ce que l'on a vu, sans crier, sans interroger comme dans une enquête : « j'ai vu, je ne vais pas faire comme si de rien n'était, je veux comprendre et je vais t'aider. »

Puis soigner les plaies, et proposer un rendez-vous médical. Ce qui aggrave, en revanche : la menace, la fouille systématique, la honte, l'annonce à toute la famille, et la promesse arrachée d'arrêter, qui déplace juste le geste hors de la vue.

Les situations qui demandent une réponse immédiate

Plaies profondes, saignement qui ne s'arrête pas, prise de médicaments, propos sur la mort ou message d'adieu : dans ces cas, on appelle le 15 ou l'on se rend aux urgences.

Pour parler à quelqu'un rapidement, le 3114 est gratuit, joignable 24 heures sur 24 par la personne concernée comme par son entourage. Poser la question directement, « est-ce que tu penses à mourir ? », n'induit pas l'idée : cela ouvre la parole.

Les interlocuteurs

Le médecin traitant en premier, pour l'évaluation et l'orientation. Selon la situation, il pourra adresser vers un psychiatre ou une maison des adolescents, structures présentes dans le Gard comme dans le Vaucluse.

L'établissement scolaire peut être associé via l'infirmerie, avec l'accord de l'adolescent quand c'est possible.

La place d'un accompagnement par la parole

Il vient en complément, jamais à la place d'une évaluation médicale. Ce qui s'y travaille : mettre des mots là où il n'y avait qu'un geste, identifier ce qui fait monter la tension, et trouver d'autres façons de la faire redescendre.

Les parents ont aussi besoin d'un espace pour eux, pour ne pas transformer la maison en surveillance permanente : voir parents d'adolescents.

Une question sur votre situation ?

Cinq minutes au téléphone suffisent souvent pour savoir si un accompagnement a du sens, ou pour vous orienter ailleurs. Vous n'avez rien à préparer et l'appel ne vous engage à rien.

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