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Elodie Rampal

Journal · 25 juillet 2026 · 5 min de lecture

Agoraphobie : quand sortir devient un calcul

Ce n'est pas la peur des lieux publics, c'est la peur de s'y trouver mal sans pouvoir en sortir. La nuance change tout, y compris le travail à faire.

Ce dont il s'agit vraiment

Train, autoroute, supermarché, file d'attente, cinéma, ascenseur, pont : le point commun n'est pas la foule, c'est la difficulté de partir rapidement en cas de malaise.

C'est pourquoi les personnes concernées repèrent instinctivement les sorties, se placent au bord des rangs, choisissent les trajets où l'on peut s'arrêter, et évitent les heures de pointe.

Le périmètre qui se réduit

Au début, un seul trajet est évité. Puis un deuxième. Puis on n'y va qu'accompagné, puis plus du tout. En quelques mois, le périmètre de vie peut se réduire à quelques kilomètres.

Ce rétrécissement se fait sans décision consciente, chaque renoncement paraissant raisonnable pris isolément.

Les béquilles qui entretiennent

Sortir uniquement accompagné, garder un médicament dans la poche sans le prendre, avoir toujours une bouteille d'eau, appeler quelqu'un pendant le trajet, ne conduire que sur des routes connues.

Ces stratégies rassurent, et elles empêchent la vérification décisive : que la situation était supportable sans elles. Il faut les retirer progressivement, une par une.

Regagner du terrain, par étapes

On construit une liste de situations classées par difficulté, en commençant par un niveau jugé faisable, et l'on reste dans chaque situation assez longtemps pour que la peur redescende sur place.

L'ordre importe plus que le courage : commencer par le plus dur produit un échec et renforce l'évitement. Voir phobies : quand une peur précise organise la vie.

Le lien avec les crises d'angoisse

L'agoraphobie apparaît très souvent après une ou plusieurs crises d'angoisse : on évite l'endroit où la crise a eu lieu, puis tous ceux qui y ressemblent.

Travailler les deux ensemble est nécessaire : voir crise d'angoisse : que faire sur le moment. Une première crise justifie par ailleurs un avis médical.

Une question sur votre situation ?

Cinq minutes au téléphone suffisent souvent pour savoir si un accompagnement a du sens, ou pour vous orienter ailleurs. Vous n'avez rien à préparer et l'appel ne vous engage à rien.

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