Journal · 10 juin 2026 · 5 min de lecture
Crise d'angoisse : que faire sur le moment
Une crise d'angoisse donne le sentiment très net qu'il se passe quelque chose de grave. C'est ce qui la rend si impressionnante, et ce qui explique la plupart des réflexes qui l'entretiennent.
Ce qui se passe dans le corps
Le système d'alerte se déclenche comme s'il y avait un danger immédiat : le coeur accélère, la respiration devient courte et haute, les mains picotent, la vue se brouille, la tête tourne. Ces sensations sont réelles, désagréables, et elles ne sont pas dangereuses en elles-mêmes.
Une crise monte vite, atteint un pic en quelques minutes, puis redescend. Elle ne se maintient pas indéfiniment : le corps ne peut pas rester à ce niveau d'activation très longtemps. Le savoir ne supprime pas la crise, mais cela change ce qu'on en fait.
Les gestes qui aident pendant la crise
Allonger l'expiration, plus que l'inspiration : souffler lentement, plus longtemps que l'on inspire, pendant une à deux minutes. C'est l'hyperventilation qui produit une grande partie des sensations les plus effrayantes.
Poser les pieds, sentir le sol, nommer à voix basse trois choses visibles autour de soi. L'attention revient sur l'extérieur au lieu de scruter l'intérieur. Et si c'est possible, ne pas quitter immédiatement l'endroit où la crise a commencé : attendre que le pic redescende sur place évite d'apprendre au cerveau que ce lieu est dangereux.
Ce qui l'entretient sans qu'on le voie
Trois mécanismes reviennent presque systématiquement : éviter les situations où une crise est déjà survenue, surveiller en permanence ses sensations corporelles, et chercher à se faire rassurer par quelqu'un.
Chacun soulage sur le moment et renforce le problème à moyen terme, parce qu'aucun ne permet de vérifier que la situation était en réalité supportable. C'est le même mécanisme que celui décrit dans pourquoi l'anxiété augmente quand on essaie de la contrôler.
Écarter d'abord une cause médicale
Douleur dans la poitrine, malaise avec perte de connaissance, essoufflement inhabituel : ces signes justifient un avis médical, et en cas de doute le 15. Une première crise mérite d'être évoquée avec son médecin traitant, qui écartera une cause thyroïdienne, cardiaque ou liée à un traitement.
Un accompagnement par la parole vient ensuite, quand la piste médicale a été examinée. Ce n'est pas une précaution de forme : quelques situations qui ressemblent à des crises d'angoisse relèvent d'autre chose.
Sur quoi on travaille en séance
On reprend d'abord le déroulé précis d'une crise récente : où, avec qui, ce qui a été pensé, ce qui a été fait. C'est plus utile qu'une description générale, parce que le déclencheur est presque toujours dans le détail.
Puis on réduit progressivement les évitements, dans un ordre choisi ensemble, et on travaille sur ce que la crise vient dire de la période traversée. La page anxiété, stress et angoisses décrit le cadre de ce travail.