Journal · 18 juin 2026 · 5 min de lecture
Un enfant moqué pour son poids : que faire
Les remarques sur le poids sont parmi les plus banalisées à l'école, et parmi celles qui laissent le plus de traces. Un enfant concerné se tait presque toujours.
Les signes chez un enfant qui se tait
Refus soudain de la piscine, du sport, des sorties en groupe. Vêtements larges en toute saison, refus d'être photographié, repas sautés le midi ou au contraire nourriture cachée dans la chambre.
Souvent aussi une phrase qui revient, glissée en passant : « de toute façon je suis gros ». Elle mérite d'être entendue comme un signal, pas rassurée en trois mots.
Pourquoi le régime aggrave la situation
Mettre un enfant au régime lui signifie que les moqueries ont raison, et que son corps est un problème à corriger. Cela installe le contrôle, la dissimulation, et souvent des compulsions qui n'existaient pas avant.
Toute question de poids chez un enfant relève du médecin qui le suit : lui seul peut évaluer la croissance et décider d'un accompagnement nutritionnel. Les parents n'ont pas à gérer cela seuls, ni à improviser.
Ce qui aide à la maison
Ne pas commenter le corps, ni celui de l'enfant, ni le sien, ni celui des autres. Les remarques des adultes sur leur propre poids pèsent plus qu'on ne le croit dans la façon dont un enfant se voit.
Rendre le mouvement accessible et non punitif : marcher, nager, jouer, sans objectif chiffré. Et permettre à l'enfant de développer une compétence où le corps n'est pas en jeu, pour que l'estime ait un autre appui.
Avec l'école
Les moqueries répétées sur l'apparence relèvent du harcèlement. Le professeur principal et le chef d'établissement doivent être prévenus par écrit, avec des faits datés.
Le 3018 est le numéro national, gratuit et confidentiel, pour le harcèlement et le cyberharcèlement. La marche à suivre complète est décrite dans harcèlement scolaire : repérer et agir.
Ce qui se travaille en séance
Avec l'enfant ou l'adolescent : ce qu'il pense de lui, comment répondre aux remarques, et comment ne pas organiser toute sa vie sociale autour de l'évitement.
Avec les parents, souvent seuls au début : quoi dire, quoi ne plus dire, et comment soutenir sans transformer le sujet en préoccupation familiale permanente. Voir parents d'adolescents et rapport au corps et alimentation.